Cultures et confiture

La culture sous toutes ses formes, un brin d'actu et un peu de pep's ! **********************************************************************

25 octobre 2006

Hegel disait...

journal

Non, non, n'ayez pas peur ! Ce billet ne traitera pas du rôle des passions dans l'Histoire (Le sujet demanderait pourtant à être ré-ré-exploré. Surtout le lendemain de la diffusion des deux documentaires consacrés à Chirac. Ou le lendemain des débats télévisés proposés par le PS. Bref, on pourrait en causer tous les jours mais ça ne vous tente pas. Qu'y puis-je ?)

Hegel disait, donc, que "La lecture du journal est la prière de l'homme moderne."

Voici un homme qui savait vivre. Et penser. Voire, faire les deux à la fois.
Quel homme !

Les difficultés rencontrées par la presse écrite ne datent pas d'hier et ne semblent pas prêtes à se dissiper. En vrac, ça donne Libération sur la corde raide, le relookage pour le moins strange de France Soir, l'invasion des gratuits, les multiples "nouvelles formules" visant à redonner l'envie, parfaire l'image de marque ou peaufiner le sex-appeal de sa une.

Pourtant il est quelques plaisirs que personne, jamais, ne saura retirer à la fréquentation des journaux.
Prendre son quotidien favori, au vol, avant de s'engouffrer dans le métro. Trouver un strapontin et se perdre dans sa lecture. Commencer le journal par la fin, juste pour démarrer en douceur avec les pages "Culture", "Météo", "TV". (Tout le monde le fait, pas vous ?)
Les plus sensuels trouveront une joie particulière à feuilleter les pages encore toutes fraîches sorties de l'imprimerie, froisser légèrement le coin droit (haut ou bas) pour accéder à la page suivante, se coller un peu d'encre sur les doigts, savoir que les traces filent aussi vite que le souvenir d'une journée, respirer le papier, plier le journal en douze, comme on peut, lorsque surgit la station de destination, le reprendre au hasard d'un instant de solitude. Ou d'ennui.

Internet peut frimer, avec son gigantisme et son petit air de fourre-tout sérieux. La radio est mignonne, pour chantonner par-dessus les roulis de la douche. Je ne parle pas de la télévision qui exige, outre l'attention - c'est la base, certes - une présence immobile, résignée, extorquée. (Le son sans l'image ? Nous voici face à la radio, en moins bien.)

Le journal, lui, vous laisse pénard et surtout, libre de votre curiosité. On respire !

Pour revenir à Hegel : oublions la dimension religieuse de cette étrange prière, très particulière. Et retenons plutôt le bonheur de se trouver chaque matin face au monde. Tout seul. La journée nous laissera bien le temps de papoter avec le reste de l'Humanité. On le fera avec plaisir. Mais plus tard. Juste, un peu plus tard.

Posté par GinaFizz à 21:29 - Des goûts et des couleurs - Commentaires [0] - Permalien [#]

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