Cultures et confiture

La culture sous toutes ses formes, un brin d'actu et un peu de pep's ! **********************************************************************

23 février 2007

Houellebecq et ongles... again

images_2_

Il y a quelques temps, je racontais ici ma découverte de Houellebecq. J'y étais venue à reculons, par hasard. J'en sortais stupéfaite et séduite. Il s'agissait d'un recueil de nouvelles, Rester vivant. Qu'est-ce que cela pouvait bien donner avec un roman ? En particulier l'un de ses romans à succès radio, télé, journaux, dont je m'étais appliquée à ignorer l'impact ?

Les particules élémentaires, m'avait tout d'abord tentée. Le best-seller par excellence, le petit classique moderne. Et puis, un commentaire formulé ici (par Jef, pour ne pas le citer) m'avait mise en garde sur la bizarrerie du dit chef d'oeuvre. Extension du domaine de la lutte semblait plus pertinent, dans l'entreprise qui était la mienne, à savoir : Houellebecq résisterait-il à l'épreuve fatidique du second rendez-vous (celui où tout se joue, où les petites particularités de l'Autre se révèlent charmantes ou totalement péniblos.)
Bref, il s'agissait de retenir, encore une fois, mon attention.

Bilan des opérations ? J'ai retrouvé dans ce texte les pointes d'ironie à couper au couteau, le regard lapidaire sur la société, ses vices, ses moeurs, ses manières de ne pas nous rendre heureux. Le fil narratif, tissé sur les aventures sans intérêt (autre que leur drame) d'un expert en informatique, est assez bien fichu pour accrocher immédiatement la curiosité.
Et à vrai dire, c'est là qu'est l'étrangeté d'une lecture, manifestement inquiétante. Là où les nouvelles concentraient leur énergie en dix pages, le roman nous assène son talentueux malaise au compte-goutte. C'est moche, c'est gris, c'est triste, c'est glauquissime. Parfois, ça dépasse l'entendement du malheur. Seul l'humour, latent, comme assourdi, subsiste et nous sauve la mise.

Je sais qu'un film a été tiré de cette Extension du domaine de la lutte. Ma lutte personnelle consitera à n'y jeter le regard sous aucun prétexte ! Ce que l'écriture adoucit, en le décrivant génialement, l'image le livre sans ménagement et, je le crains, sans autre intérêt que de se forcer à renifler l'horreur.

Alors Houellebecq, on continue ? J'en ai bien peur. Ceux qui passent le cap des trois premières pages sont fichus, il leur faudra lire le reste. Tout le reste. Juste pour prendre du recul. Par curiosité intellectuelle, en somme. Ou par une curiosité bizarre que l'habileté stylistique, Dieu merci !, nous aide à justifier.

Posté par GinaFizz à 18:18 - Séquence Livres - Commentaires [0] - Permalien [#]

Commentaires

Poster un commentaire