Cultures et confiture

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06 mars 2008

Rêvons...

repetto

Comme de très, très nombreuses petites filles, j'ai goûté aux plaisirs de la danse classique. Chaque mercredi après-midi, justaucorps et ballerines, en piste pour l'échauffement à la barre puis zou ! toutes devant le miroir pour de vraies - quoique modestes - chorégraphies. Je me souviens très précisément de la professeur de danse, qui nous apprenait l'enchaînement des pas en les figurant avec ses mains. De jolis gestes nets et précis, les doigts serrés les uns contre les autres, la main arrondie. "Un, deux, trois, quatre, cinq, six, sept et huit... et on reprend !"

Un jour, après deux, trois années d'entrechats et grands écarts, j'ai pu prétendre au plaisir suprême, le rêve de toutes les petites danseuses du mercredi : les pointes. Les vraies, avec rubans noués autour de la cheville, et cette pointe solide, si mystérieuse, qui autorise les virevoltes. Danser avec des pointes, c'est savoir que l'on aura mal, au début (la professeur nous l'avait dit). C'est se protéger avec de fins bandages, avant de les enfiler. C'est faire les gestes, suivre la tradition. C'est ressembler, un instant, tout petit, aux danseuses mythiques, ces Etoiles.

Avec mes parents, je me suis donc rendue dans l'une des boutiques Repetto. Devant moi, un temple. De larges murs tapissés de casiers en bois, dans lesquels des paires de ballerines, chaussons et pointes étaient agencés. Des chaussons noirs, souples, des ballerines roses, pour les plus novices, et les fameuses, splendides pointes déclinées en multiples couleurs. Il y a des jeunes femmes, tellement minces, qui observent avec l'assurance de l'habitude. Des curieux, aussi. Et des jeunes filles, des enfants, comme moi. Il s'agissait de trouver la bonne pointure, le bon modèle qui me tiendrait correctement au pied sans trop le brimer. La chose fut faite ! Je me souviens encore de la douceur, tellement à part, du satin rosée.

Il y a bien longtemps que j'ai arrêté la danse classique. Mais Repetto reste un rêve, plein et entier. Lorsqu'il m'arrive de passer devant la boutique, à deux pas de l'Opéra, je repense toujours à cette joie d'avoir, moi aussi, choisi des chaussons de danse. Pas de jolies ballerines pour la ville, comme on les aime aujourd'hui ! De vrais chaussons pour danser, sur la pointe des pieds.

Posté par GinaFizz à 22:37 - Vie en Ville - Commentaires [3] - Permalien [#]

Commentaires

    Je te découvre sur un sublime article qui ne manque pas d'évoquer certains passages de ma propre enfance de ballerine, la barre, le miroir, des chaussons aux pointes, oui, je crois que nous sommes plusieurs à partager ce rêve...

    (La vitrine... )

    Au plaisir !

    Posté par Une Princesse..., 10 mars 2008 à 18:38
  • Konnichiwa^^

    Moi c'était plutôt natation que danse, mais j'avoue que Repetto me fait rêver aussi ...

    chuuu^^

    Posté par Scheharazade, 11 mars 2008 à 10:06
  • Une Princesse... : Merci beaucoup pour ton commentaire ! C'est vrai que la danse est un souvenir que nous sommes nombreuses à partager. Cela rend la chose encore plus émouvante.

    Scheharazade : La natation, le drame de mon enfance ! Je redoutais tous les vendredis après-midi, à cause de ça...

    Posté par GinaFizz, 11 mars 2008 à 11:09

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