22 mars 2008
Le 22 mars 1968
Le 22 mars 68 est considéré comme l'origine du fameux mois de mai. A l'université de Nanterre, près de 150 étudiants ont décidé d'occuper la tour centrale administrative de leur fac. Un symbole fort, qui marque une opposition inédite à une époque marquée par sa rigidité. Parmi ces jeunes gens, Daniel Cohn-Bendit s'impose rapidement comme leader. Leur motivation ? La libre circulation des étudiants dans la résidence universitaire. Traduction moderne : que les filles et garçons puissent se voir librement, dans leurs chambres. Vue d'aujourd'hui, cette exigence paraît bien naturelle. A l'époque, elle déménageait carrément. Comment ? Les jeunes gens auraient une vie amoureuse avant le mariage ? Des envies d'intimité ? Misère !
En mars 68, une piscine vient d'être aménagée dans le campus. Le ministre de la jeunesse et des sports est invité à l'inaugurer. En réponse aux réclamations des étudiants, François Misoffe, ministre, eut une réaction formidable : "Si vous avez des problèmes sexuels, allez-vous tremper dans l’eau froide". Bien vu, monsieur le ministre !
La suite ? Un embrasement, une cause largement adoptée, un ras-le-bol généralisé. Grèves, manifs, revendications. Et tout cela avait commencé en mars, parce que la jeunesse rêvait d'amour et de printemps.*
*Bien sûr, pas seulement. Mais aussi.
12 mars 2008
J'aime trop paris
THOMAS DUTRONC- J'aime plus Paris
Depuis quelques semaines, on entend régulièrement cette chanson de Dutron, le fiston. Une agréable mélodie, l'énérgie du guitariste (Thomas Dutronc s'est illustré dans les clubs de jazz parisiens, avant d'être célébré sur Virgin Radio), des paroles drôlatiques, aimablement ironiques. Parisienne depuis toujours, je partage parfois son agacement de la capitale : RER, mauvaises humeurs, injustices, quartiers déshumanisés par les enseignes inlassablement contemplées...
Mais tout de même.
J'aime trop Paris. La grâce, la variété, l'élégance "vieille Europe". Et la Tour Eiffel dans sa splendeur.(A ce sujet, Aurelitilyenne sera sans doute d'accord avec moi !)
Et vous, êtes-vous attachés à la capitale ? Est-ce pour vous un simple carrefour d'activités, ou bien un idéal sur lequel vous réussisez toujours à vous extasier ?
06 mars 2008
Rêvons...
Comme de très, très nombreuses petites filles, j'ai goûté aux plaisirs de la danse classique. Chaque mercredi après-midi, justaucorps et ballerines, en piste pour l'échauffement à la barre puis zou ! toutes devant le miroir pour de vraies - quoique modestes - chorégraphies. Je me souviens très précisément de la professeur de danse, qui nous apprenait l'enchaînement des pas en les figurant avec ses mains. De jolis gestes nets et précis, les doigts serrés les uns contre les autres, la main arrondie. "Un, deux, trois, quatre, cinq, six, sept et huit... et on reprend !"
Un jour, après deux, trois années d'entrechats et grands écarts, j'ai pu prétendre au plaisir suprême, le rêve de toutes les petites danseuses du mercredi : les pointes. Les vraies, avec rubans noués autour de la cheville, et cette pointe solide, si mystérieuse, qui autorise les virevoltes. Danser avec des pointes, c'est savoir que l'on aura mal, au début (la professeur nous l'avait dit). C'est se protéger avec de fins bandages, avant de les enfiler. C'est faire les gestes, suivre la tradition. C'est ressembler, un instant, tout petit, aux danseuses mythiques, ces Etoiles.
Avec mes parents, je me suis donc rendue dans l'une des boutiques Repetto. Devant moi, un temple. De larges murs tapissés de casiers en bois, dans lesquels des paires de ballerines, chaussons et pointes étaient agencés. Des chaussons noirs, souples, des ballerines roses, pour les plus novices, et les fameuses, splendides pointes déclinées en multiples couleurs. Il y a des jeunes femmes, tellement minces, qui observent avec l'assurance de l'habitude. Des curieux, aussi. Et des jeunes filles, des enfants, comme moi. Il s'agissait de trouver la bonne pointure, le bon modèle qui me tiendrait correctement au pied sans trop le brimer. La chose fut faite ! Je me souviens encore de la douceur, tellement à part, du satin rosée.
Il y a bien longtemps que j'ai arrêté la danse classique. Mais Repetto reste un rêve, plein et entier. Lorsqu'il m'arrive de passer devant la boutique, à deux pas de l'Opéra, je repense toujours à cette joie d'avoir, moi aussi, choisi des chaussons de danse. Pas de jolies ballerines pour la ville, comme on les aime aujourd'hui ! De vrais chaussons pour danser, sur la pointe des pieds.
02 mars 2008
The Ronettes - Be my baby
The ronettes - be my baby (1965)
Je défie quiconque passant sur ce blog de ne pas frétiller des épaules et de la semelle en écoutant ce tube des années 60. Be my baby, c'est un grand classique que l'on a tous un peu dans l'oreille. Mais j'ignorais que nous le devions aux "Ronettes" - du nom de Ronnie Bennett, la chanteuse star du groupe.
Les trois demoiselles sont assez mignonnes. Il y a deux soeurs (Ronnie et Estelle Bennett) et leur cousine (Nedra Talley). Impeccables petits tailleurs immaculés. Coiffures au volume millimétré. Regards ourlés de khôle, façon Cléopatres du Nouveau Monde. Mais ce que j'aime, ce que j'adore, c'est cette chorégraphie toute en retenue : micro-déhanchement, gestuelle ultra synchrone des bras, pour finir dans un mouvement impliquant tout le corps. Nous sommes en 1965, impossible de le perdre de vue !
Mais quelle fraîcheur dans le sourire et la joie de chanter... Vous ne trouvez pas ?
Moi en tous cas, il me suffit de regarder cette vidéo pour avoir l'humeur au beau fixe.
Bon dimanche !
01 mars 2008
Nos amis les bêtes
Si l'on excepte les emportements présidentiels, le salon de l'agriculture est un lieu très civilisé. Le parisien frétille devant les bottes de foin ("ça sent bon, hein ?"), le bon père instruit son bambin ("oui mon chéri, la truie donne à manger à ses petits"), lequel enfant ne sait où jeter les yeux, veut tout savoir, toucher et goûter.
Bref, c'est un salon à part.
Pour le prix d'une entrée, la porte de Versailles nous rappelle aux plaisirs gandeur nature : les beaux yeux d'une vache, la respiration d'un mouton, cette nuance, rose tendre, si émouvante chez le cochon dormeur. (Car je vous mets au défi de trouver une chose plus attendrissante qu'un porc ensommeillé) (Cette phrase est étrange ? Oui, mais elle est vraie !).
Parmi ces bêtes si dociles, apprêtées et bichonnées, on pourrait un instant se représenter le bonheur de Marie-Antoinette, dans sa bergerie versaillaise...
Les animaux présents lors du Salon de l'Agriculture sont des stars, qui fréquentent régulièrement les foires et salons qui ont lieu en région. Ils participent aux concours, se voient, parfois, auréolés par la gloire d'une médaille. (Comme en témoigne le joli ruban tricolore que porte cette vache laitière.)
Habitués à voyager, ils sont aussi rompus aux mimiques et caresses humaines. Quelle patience !
Le salon de l'agriculture, c'est aussi le paradis de la dégustation : fromages de chèvre frais, cidre, vin, jambons parfumés... La nature que l'on aime, c'est aussi celle-ci. Les saveurs qui se mêlent et s'imposent tour à tour. Si bien que l'on quitte à regret cette ferme étrange, trop immense pour être vraie, et pourtant attachante. Serait-ce le spleen de la parisienne ? Peut-être. Bientôt viendra le Salon du livre : adieu enclos et bottes de foin ! Mais leurs parfums résisteront, un temps. Si bien que les promeneurs du salon nouveau éprouveront cette agréable sensation que procure la lecture en plein air, dans un champ, pas très loin de la ferme. Rêvons un peu.
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*Pour les intéressé(e)s, le Salon de l'Agriculture est encore ouvert toute la journée du dimanche 2 mars, de 9h à 19h.
Entrée adultes : 12€
Enfants de 6 à 12 ans : 6€
Gratuit pour les moins de 6 ans.
http://www.salon-agriculture.com










