Cultures et confiture

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20 novembre 2008

Partir, loin !

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Il est des moments où l'on se rêverait ailleurs, dans une contrée magique auréolée de verdure, de douceur et de bienveillance. Cette photo peut y faire penser. Elle a été prise à Dublin cet été, dans le merveilleux jardin de St Stephen Green : un ilôt de fraîcheur, fait de petits ponts, étendues d'eau, bosquets sauvages et massifs fleuris.

En Irlande, on devine une gentillesse bien rare du côté de chez nous (c'est une parisienne aimant Paris et la France qui l'écrit). A peine débarqué de l'avion, vous scrutez votre plan dublinois. Trois minutes ne se sont pas écoulées que votre voisin de bus vous propose son aide. Vous peinez à identifier la composition d'une sauce, au restaurant : le garçon zélé s'empresse de vous apporter un échantillon de la dite sauce, dans un petit récipient. Au musée ? Une gardienne élégante s'intéresse à votre cas, vous aiguille dans le dédale de salles, s'enquiert de votre séjour et de votre origine. Vous salue en vous serrant la main. Pourquoi s'étonner de ces attentions souriantes, visiblement évidentes ? Parce qu'il n'en est pas toujours de même, dans le beau pays de France.

En ce 20 novembre pluvieux, les enseignants de la maternelle à l'université manifestent, car l'éducation souffre d'être trop malmenée (soyons clairs : le CAPES s'apprête à disparaître, les professeurs assureront approximativement deux matières, la formation se faisant sur le tas, les études littéraires seront prochainement saccagées - tout ceci, quand c'est précisément l'absence de subtilité intellectuelle, d'explication claire et limpide, de force des mots et des arguments qui nous poussent chaque jour plus vite dans la tiédeur concédée.)
Le ministre affirme que la grève est "démodée" quand, six mois plus tôt, nous célébrions avec passion et insistance les quarante ans de mai 68.
Les chaînes privées s'apprêtent à recueillir une nouvelle part de ce gros gâteau financier, appelée "baisse des taxes" sur les publicités, quand la même publicité est invitée à disparaître sur les chaînes publiques, par la volonté d'un seul, aux fumeuses priorités.
Devant la boulangerie ce matin, un homme comptait et recomptait dans sa main quelques pièces jaunes, visiblement insuffisantes à lui assurer son pain. Il était noir, plein d'allure, et pieds nus. Ce qui choque les passants.
L'autre jour, victoire d'Obama, mon kiosquier "de couleur" trinquait avec deux clients. Joie simple sur les visages. Plaisir partagé, dans un quartier dit "populaire".
Les motifs de réjouissance sociale sont rares. Il faut s'en emparer avec avidité, s'en délecter, parce que le temps sera long avant d'y goûter à nouveau.
Et dans ces instants de ras-le-bol et de malheur, tout miser sur l'avenir, l'espoir et sur soi-même.
Car les contrées verdoyantes attirent, mais c'est ici que la vie se passe. Droit devant, les yeux ouverts.

Posté par GinaFizz à 16:52 - Des goûts et des couleurs - Commentaires [0] - Permalien [#]

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