12 mars 2008
J'aime trop paris
THOMAS DUTRONC- J'aime plus Paris
Depuis quelques semaines, on entend régulièrement cette chanson de Dutron, le fiston. Une agréable mélodie, l'énérgie du guitariste (Thomas Dutronc s'est illustré dans les clubs de jazz parisiens, avant d'être célébré sur Virgin Radio), des paroles drôlatiques, aimablement ironiques. Parisienne depuis toujours, je partage parfois son agacement de la capitale : RER, mauvaises humeurs, injustices, quartiers déshumanisés par les enseignes inlassablement contemplées...
Mais tout de même.
J'aime trop Paris. La grâce, la variété, l'élégance "vieille Europe". Et la Tour Eiffel dans sa splendeur.(A ce sujet, Aurelitilyenne sera sans doute d'accord avec moi !)
Et vous, êtes-vous attachés à la capitale ? Est-ce pour vous un simple carrefour d'activités, ou bien un idéal sur lequel vous réussisez toujours à vous extasier ?
02 mars 2008
The Ronettes - Be my baby
The ronettes - be my baby (1965)
Je défie quiconque passant sur ce blog de ne pas frétiller des épaules et de la semelle en écoutant ce tube des années 60. Be my baby, c'est un grand classique que l'on a tous un peu dans l'oreille. Mais j'ignorais que nous le devions aux "Ronettes" - du nom de Ronnie Bennett, la chanteuse star du groupe.
Les trois demoiselles sont assez mignonnes. Il y a deux soeurs (Ronnie et Estelle Bennett) et leur cousine (Nedra Talley). Impeccables petits tailleurs immaculés. Coiffures au volume millimétré. Regards ourlés de khôle, façon Cléopatres du Nouveau Monde. Mais ce que j'aime, ce que j'adore, c'est cette chorégraphie toute en retenue : micro-déhanchement, gestuelle ultra synchrone des bras, pour finir dans un mouvement impliquant tout le corps. Nous sommes en 1965, impossible de le perdre de vue !
Mais quelle fraîcheur dans le sourire et la joie de chanter... Vous ne trouvez pas ?
Moi en tous cas, il me suffit de regarder cette vidéo pour avoir l'humeur au beau fixe.
Bon dimanche !
14 février 2008
My funny Valentine
Evidemment, la Saint Valentin est une fête commerciale.
Inutile ("Nous, on fête la Saint Valentin tous les jours...")
Risible (ces petits coeurs partout partout, n'est-ce point chou ?)
Très décriée ("Nous, avec Lucette, on est contre... C'est la fête à la guimauve et ça te coûte bonbon...")
Soit.
Mais connaissez-vous My Funny Valentine ?
La version, sur du velours, de Chet Baker ?
De quoi tomber très vite in the mood for Love.
De quoi songer, nunuchement, à la Saint Valentin.
Juste un peu ?
20 janvier 2008
Otis, la classe...
Otis Redding Sitting on the dock
Il arrive que le temps n'en finisse plus de nous balader : ici, là, là-bas, plus loin encore ! C'est un peu ce qui m'arrive ces dernières semaines. Un nouveau travail aussi prenant que stimulant, et voici que le blog fait grise mine, tout penaud d'être délaissé.
Pour mettre un peu de vie en ces lieux, j'ai choisi le noir et blanc. Non, je vous l'assure, l'absence de couleurs n'a rien de ringard : la vie était aussi vive et lumineuse dans les 60's. On savait se marrer aussi fort qu'aujourd'hui et certains savaient même chanter. C'est le cas d'Otis Redding, star et seigneur, de son état. Un grain de voix, ouaaaah, une allure ohhhhh, et l'enchantement pour la journée.
Voici ce que je vous propose pour ce dimanche aux températures trop douces pour être honnêtes. Otis Redding et son fameux "Sitting on the dock of the bay". Dans cette vidéo, les images et la chanson sont un peu décalées, on devine le montage bien intentionné. M'enfin, si comme moi vous n'avez pas eu la chance de voir Otis en concert, vous pourrez y trouver votre bonheur.
(Vous verrez, au début de la vidéo, les deux copines qui se chahutent dans le public : l'une donne un petit coup de coude à l'autre, qui la punit d'un "toc toc" sur le front - après avoir pris à témoin le seul homme de la bande. Scène marrante, on croirait qu'elles jouent la comédie.)
Bon dimanche à tous !
31 octobre 2007
Le Sunset, ça se fête !
Pour cette soirée du 31 Octobre, vous avez le choix entre Halloween (tronches de vampires, ballons oranges et course aux bonbecs) ou le 25e anniversaire du Sunset, qui se fête ce soir au Théâtre du Châtelet.
(La vie n'est qu'un vaste choix.)
Mais au fait, qu'est-ce que le Sunset ?
Le Sunset, c'est l'un des clubs phare de la rue des Lombards. Depuis 1982, il offre une programmation enthousiasmante et raffinée, entre jazz, soul, rythm'n'blues et world. Chaque soir, un public fervent, connaisseur ou amateur, tous les âges, tous les styles. Il y a de l'élan et de la chaleur. On déboule à 21h30 ou 23h, entre deux sets, pour boire un verre et entendre ce que la musique peut avoir de meilleur.
C'est un lieu précieux. Car en dépit des festivals, partout en France, toute l'année, avec succès, des clubs de jazz quittent la scène. Petit à petit, ici et là. Le Petit Opportun, à deux pas du Châtelet ? Fini. Pourtant, il y a 4 ans encore, la cave résonnait de tout son coeur. Les musiciens étaient là et le public aussi.
D'où la nécessité - et le plaisir - de célébrer l'anniversaire d'un club qui dure. La fête aura lieu dans le chicissime Théâtre du Châtelet. Pour l'occasion, Jean-Jacques Milteau, Bojan Z et Julien Loureau, Sixun, Didier Lockwood ou encore les frères Belmondo, sont réunis sur scène. Un concert multi-facettes, qui donnera un aperçu de ce que l'on peut entendre là-bas, à deux pas du Châtelet.
Un concert pour célébrer, donc. Mais si vous ignorez tout du Sunset, un conseil : attendez demain soir et allez au club. Le vrai. Vous y découvrirez la programmation spécialement concoctée pour les 25 ans, du 1e novembre au 1e décembre : Paco Séry, le trio Bex/Romano/Catherine (un bijou), Franck Morgan, Alain Jean-Marie.
Pour plus d'infos, c'est ici !
Le Sunset
60, rue des Lombards
75001 Paris
Métro : Châtelet
Tarifs variables : 20/22 EUR, certains concerts sont gratuits.
19 mai 2007
Louxor ? J'adore...
Philippe Katerine - Louxor J'adore
Vidéo envoyée par lexlance
Absolument cinglé. Impossible de dire le contraire, Philippe Katerine met tant d'énergie à passer pour un fin fou, tappé, frappé, azimuté de la voix, du costume, de la bouche ouverte sur le monde, qu'on finit par le croire authentiquement barge.
Mais sa folie est captivante. Son charme suprême ? La gaieté. La force de son comique est monumentale. Cheveux plaqués, gelifiés, domptés par de micro-barrettes pour gamines, il déambule en short-éponge fluo, braille en soprano aviné, assène des scénettes croquignolettes, fait un virage du côté de la société, sa vie, ses vices, puis joue à faire l'idiot, le rigolo, le gigolo rejeté par les filles, quand il ne fuit pas, traqué dans les rues de Paris par Marine Le Pen.
Philippe Katerine, vendéen né en 1968, s'arrange pour rendre un perpétuel hommage à son année initiale. Il lui aura fallu traverser les petits boulots marrants à raconter (prof de gymnastique, projectionniste, employé aux abattoirs, chez Citroën), puis composer des chansons tout seul dans sa chambre, avant de décider que oui, décidément, il est fait pour la musique. Son premier album, Les mariages chinois, sort en 1991. Au fil des années, il gagne en maturité vocale et créatrice, fait connaître sa bobine et charme la critique. Sa réputation est aujourd'hui largement relayée par le public, à en juger par ses concerts complets et l'enthousiasme avec lequel on l'accueille sur les plateaux TV (il est celui qui a fait swinguer Star Academy en shorty rose : respect !).
Mine de rien, son aplomb et sa mocheté trafiquée - il est plutôt mignon - séduisent à tout-va. Grand admirateur d'Anna Karina, il lui a composé un album en 1999. Ses interviews le révèlent en jeune gars futé, à l'aise sans affectation, réfléchi sans chichi. Dans le même temps, il sait aussi faire le mariole chez Cauet. Pour brouiller les pistes ? Avoir la paix ? Etre libre, d'un peu plus près ?
La réponse importe peu, du moment que Katerine déjante en live, avec talent et renouveau.
En novembre dernier, son album "Robots après tout" est apparu dans les bacs. Depuis février, il est sur scène dans son nouveau spectacle chorégraphique, créé avec Mathilde Monnier. Il sillonne la France, la Belgique et la Suisse jusqu'en juin 2007.
On ignore de quoi ses lendemains seront faits, mais pour l'instant, à n'en pas douter, il est un chanteur-acteur-farceur qu'on adore. Surtout avec le son !
26 mars 2007
Let the Sun shine
Everything - Jehro
Vidéo envoyée par musiclivesat
L'heure d'été a débarqué. Pour oublier les petits matins, chagrins de cette injure faite au sommeil, songeons un instant aux soirée allanguies de lumière. Soleil, terrasses, nuages immaculés.
Pour accompagner le printemps naissant, j'ai l'homme qu'il vous faut. Il a des des airs d'hidalgo bohème, la boucle folâtre, le regard chaleureux. Jehro a la musique heureuse, apaisée, swinguée. Un reggae man posé, un grain tamisé et un petit monde idéal.
Dans son dernier album, Jehro, (nominé aux dernières victoires de la musique, catégorie "Musiques du monde"), l'identité musicale est évidente. En l'espace de treize chansons, un voyage au-delà des continents. Des rythmiques flamenca ("Sweet"), des échos salsa, reggae ("Salima"), créoles ou soul, qui vont à ravir à sa voix - intelligemment douce, pas frimeuse, tout sauf raccoleuse.
Où pêcher de telles influences ? A Marseille, bien sûr. Après une enfance passée à écouter Brassens, Moustaki et Reggiani, avec ses parents, il file en Angleterre. Il y apprend la musique de ses compagnons de squat (flamenco, pop, jams sessions), la vie, et les idées larges. Le quotidien est folklo mais l'enrichissement dépasse ses espérances. A son retour en France, Jérôme Cotta (son vrai nom) se dit que décidément, ce sera la Musique et rien d'autre.
Depuis ? Des rencontres, des collaborations, des tournées, deux albums personnels. Et le soutien des radios (Nova, Fip, France Inter, RFI). Un Bataclan complet en avril, une seconde chance au même endroit, en juin.
D'ici là, on continuera de l'écouter, coeur léger et fenêtres grandes ouvertes !
CD : Jehro, par Jehro.
Recall
Concerts : le 2 avril (complet) et le 25 juin au Bataclan.
Tournée en France et Belgique.
23 janvier 2007
Insoumis sons... d'hiver

Oyez, oyez, Sons d'Hiver revient enchanter le Val-de-Marne ! L'idée de ce festival ? Ouvrir le jazz, le blues, le slam, le rap, les sons, la vie musicale diverse et très variée, à un autre secteur de l'Île-de-France.
Les amateurs se retrouvent ordinairement au Sunside, au Baiser salé, au Duc (des Lombards), au New (Morning) ou au Caveau (des Oubliettes)(il y a aussi la Huchette, mais uniquement si vous êtes fan de Christian Morin)(Il est clarinettiste et joue plutôt bien, vous ne saviez pas ?)
Bref, les gens restent à Paris. Du 25 janvier au 27 février, les banlieusards du sud-est resteront dans leurs pénates et les autres décideront de se décarcasser.
Parce que la programmation vaut le détour d'horizon : Archie Shepp, Michel Portal, Louis Sclavis, Bernard Lubat, Tomatito, Tortoise, la Campagnie des Musiques à Ouïr... Ils seront là, à Choisy-le-Roi, Arcueil, Saint-Mandé, Créteil, Villejuif ou au Kremlin-Bicêtre.
Pour cette édition 2007, le festival a en outre décidé de rendre hommage à John Coltrane à l'occasion du quarantième anniversaire de sa disparition. Sons d'hiver offrira donc un "Tribute to John Coltrane", au fil de sa programmation, juste pour signaler le génie d'enthousiasme qui n'est plus, aujourd'hui.
Pour plus d'informations, pour réserver ou par curiosité pure, il est fort utile de jeter un oeil au site du festival : www.sonsdhiver.org
Sons d'hiver
Du 25 janvier au 27 février
dans le Val-de-Marne.
05 janvier 2007
Paolo Nutini, la grâce en passant
Paolo Nutini Last Request
Vidéo envoyée par metal83
Paolo Nutini est la nouvelle coqueluche de la pop. 20 ans, un visage d'enfant boudeur, le cheveu sauvage. Et, charme ultime autant qu'indiscutable - puisque tout le monde n'est pas nécessairement sensible aux angelots tombés du ciel écossais - une voix en parfaite harmonie avec sa bouille. Rocailleuse, fleurant bon les contrées verdoyantes et venteuses de son enfance, un grain purement folk, revisité façon gentil garçon.
Comment résister ? En cédant, très simplement. En frétillant de la semelle et du bonnet à l'écoute des récents tubes ( "Jenny, don't be hasty", "Last request") proposés sur These streets, son dernier album. En admettant que le petit, malgré la vague de clones en simili-pop, a de quoi tenir le choc. En laissant tomber les comparaisons indues, qui n'éclairent en rien le débat mais flinguent gentiment la gaieté d'écouter.
Pour appuyer mes dires, voici une vidéo de "Last request", dégotée sur Dailymotion. Paolo Nutini interprète sa chanson, à la cool mais avec conviction. Tabouret, fils qui traînent et gorgée d'eau sur le final : on croirait être une petite souris dans leur salle de répèt' - ce qui n'a rien de déplaisant.
Qu'en dites-vous ?
28 novembre 2006
Ce soir j'entends Madeleine

Madeleine Peyroux est une chanteuse. De jazz, mettons. Ce qui signifie, à gros traits empotés, qu'elle possède une voix, un swing, une grâce ordinairement non-évidents chez les chanteuses.
La rockeuse mise souvent sur des notes éraillées, énervées, déjantées; du côté de la variétoche, ça jérémiade avec agilité; quant aux femmes fatales mais libérées de la pop, elles naviguent avec plus ou moins de bonheur entre les deux catégories pré-citées.
Dès lors, on comprend l'engouement soulevé par Madeleine Peyroux. Pour les connaisseurs - même modestes - il y a tout d'abord le saisissement occasionné par le timbre de sa voix, pas très loin de celui de Billie Holiday. La comparaison peut se penser, il est vrai, sur certains morceaux (la version radio de "Dance me to the end of love" en particulier), mais ce serait faire preuve d'un sacré manque d'imagination que de cantonner la chanteuse à cette filiation futile. Bien trop encombrante pour rester flatteuse.
Lady Day est une interpète indétrônable. Madeleine Peyroux ne cherche à détrôner personne. Elle a cette intelligence et aspire, simplement, à chanter. A sa façon.
C'est à dire ? Avec simplicité. Sur scène, pas de minauderies : tenue agréable mais sobre, cheveux lâchés, on croirait voir chanter la girl next door. Diana Krall, avec sa blondeur et ses gambettes élancées, charme par sa voix autant que par son allure. La séduction de Madeleine Peyroux, guitare sous le bras, est moins frontale mais tout aussi efficace.
Sur des reprises de Leonard Cohen, Bob Dylan, Elliott Smith ou sur ses propres compositions, elle laisse glisser sa voix, la froisse, la tord jusqu'au plus grave. Certains textes, interprétés par d'autres, filerait du côté de la variété acidulée. Madeleine Peyroux a commencé comme chanteuse de rue, se carapate hors de la vue des médias quand ça lui plaît, n'est pas follement à l'aise pour gigoter comme une diva, mais elle sait retenir le meilleur des chansons qu'elle touche.
Quand elle s'empare de "J'ai deux amours" ou pire encore, "La Javanaise", on cède définitivement. La barrière de la langue n'est plus là pour saupoudrer sa magie : en français dans le texte, sur des tubes patrimoniaux, multiplement repris, ça marche.
Jeudi dernier, Madeleine Peyroux faisait salle comble et comblée à l'Olympia. Elle y retourne cette semaine, le 27 et 28 à 20h30.
Pour les distraits qui n'auraient pas noté l'évènement sur leurs tablettes, son dernier album est disponible depuis septembre.
Half a perfect world
Universal Music
Septembre 2006
Le monde de Madeleine est à demi parfait. Peut-être est-ce le plus souhaitable ? Puisque, luxe suprême, ses imperfections ne gâchent rien.




