01 mai 2009
Madeleine Peyroux, retour à l'Olympia
Avis aux amoureux de Madeleine Peyroux ! La chanteuse qui a su s'imposer en douceur sur la scène jazz sera de passage à l'Olympia les 4 et 5 mai prochains.
Je vous avais signalé sa dernière prestation dans ce haut lieu, en novembre 2006. C'était ici. Pour l'actualité, elle a sorti récemment un nouvel album : Bare bones, chez Universal. Un mélodieux cocktail de folk auréolé d'une grâce très "jazz".
Madeleine Peyroux
Olympia, les 4 et 5 mai 2009 - 20h.
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21 décembre 2008
Au coin du feu
Décembre est un mois à part. Amoureux de Noël, blasé ou réfractaire, chacun nourrit son propre sentiment sur cette période où la fête s'impose : grands magasins, boulangerie du coin, illuminations des rues. Même les bouches de métro s'habillent de sapin, métro Jourdain !
Jamais, plus qu'à cette période, le contraste entre les bonheurs et les êtres ne se fait plus vivement sentir. C'est l'histoire d'un monde où l'inégalité foisonne, où les bons sentiments peinent à égayer les coeurs. Noël, pourtant, n'est jamais le même. Chaque année, il se redessine et la vie nous donne l'occasion de revoir cent fois notre jugement. L'arrivée d'un bambin rieur dans la famille, le plaisir d'un gâteau réussi, une odeur qui rappelle, la joie d'offrir un présent un peu exceptionnel : la fête, alors, existe.
N'évoquons pas les raisons de s'assombrir, elles sont connues de tous. Y compris de ceux qui sont heureux, cette année !
Pour ce mois de décembre où la chaleur des intérieurs gagne une infinie séduction, voici une petite sélection de livres à découvrir dans un coin de canapé, une tasse de thé à portée de main. Le plaisir de la lecture : rien de mieux pour rêver et voir du pays.
Anne Perry est une romancière anglaise passée maître dans l'art des intrigues policières. Sa particularité ? Ses intrigues se tissent le plus souvent à l'époque victorienne. Raffinement de la langue, élégance toute britannique, et un suspense d'autant plus captivant qu'il nous conduit dans une époque au charme sûre. Comble du plaisir, Anne Perry a réalisé ces dernières années une série d'"Histoires de Noël" : La disparue de Noël, Le voyageur de Noël, Le détective de Noël et Le secret de Noël.
Dans ces bulles de grand style aristocratique, les mystères éclatent et viennent bouleverser les réveillons ! De véritables bonbons, relativement brefs, à croquer entre le Christmas Eve et le Nouvel an.
La série Maisie Dobbs, créée par Jacqueline Winspear est encore méconnue en France. Parus chez Le Livre de Poche, les deux premiers volets rassemblent pourtant tous les arguments et les charmes pour retenir durablement !
L'histoire ? Maisie Dobbs, jeune fille d'une famille modeste dans l'Angleterre de la fin du XIXe, est d'une intelligence aiguisée. Engagée très jeune comme employée dans la demeure de Lady Rowan Compton, elle se cache chaque nuit dans la bibliothèque de ses maîtres pour lire. Un esprit doué, vite remarqué par Lady Compton qui lui permet de suivre des études... Au bout de ce chemin, affrontant les différences de classes et les labeurs intellectuels, une carrière de détective se dessine sur fond de première guerre mondiale.
Parcours initiatique, découverte de l'amour, gourmandise intellectuelle et plongée dans les secrets de la Grande Guerre : Maisie Dobbs offre l'addiction d'une intrigue joliment ficelée et le bonheur d'un texte délicat, simple, très efficace. Testé et approuvé par tous ceux qui l'ont approchée !
17 décembre 2008
Battuta, une fête pour les Fêtes !
Dans notre société folle, un homme étrange existe. On ne sait pas grand'chose de lui, si ce n'est qu'il atteint des miracles avec les chevaux. Il fait mieux que les dresser, les dompter, les faire parler : il les fait danser. Tout bêtement.
Bartabas est un magicien du galop et du bonheur sur piste. Son dernier spectacle, Battuta, suscite une avalanche d'enthousiasme depuis maintenant trois ans. Au théâtre Zingaro, à trois pas du métro, Porte d'Aubervilliers, vous pouvez encore découvrir le spectacle jusqu'au 31 décembre 2008.
Voir Battuta, c'est goûter un peu de cette joie d'enfance, extasiée, toute simple et pourtant difficile à retrouver, en cet âge que l'on dit "adulte". La grandeur nous rend nigauds : on fait des mines, on exige. On songe au prix de sa place (l'adulte peut être mesquin), on cogite sur les mises en scène, fine bouche ici, dédain par là. Parfois on s'amuse, évidemment ! certains savent le faire mieux que d'autres, c'est évident.
Mais la liberté de joie donnée par Battuta est assez rare pour la signaler, très fort. Pour preuve, les publics qui se marrent, sourient, s'étonnent, 1h15 non-stop. Tout le monde est conquis : des bobos d'Avignon, aux bourgeoises en fourrure, des gamins de cinq ans aux parents. Un régal, vivement recommandé pour finir l'année en beauté !
Battuta, jusqu'au 31 décembre à 20h30.
Théâtre Zingaro
176, avenue Jean-Jaurès 93300
AUBERVILLIERS
M° : Fort d'Aubervilliers (ligne 7)
Les réservations se passent par là.
Pour ceux qui n'auront pas la chance d'applaudir ce spectacle, un DVD est disponible.
Battuta, DVD MK2 
20 euros
Pour ce spectacle, Bartabas a choisi de nous étourdir de vitesse et de galop. Les acrobates gesticulent, jouent du violon, jettent et rattrapent leurs chapeaux sans jamais quitter le rythme infernal des chevaux, lancés à tout-va, trop heureux de se dégourdir les muscles sous les lumières. On passe d'un mariage à un autre, d'une cavalcade à un macchabée. Le tout, délicieusement fagoté de dentelles et vestons noirs. Les musiciens, à cordes et à vent, en remettent une couche sur la vitesse. On vibre tzigane, tout du long.
On ressort amoureux de Zingaro, ce théâtre de bois où les cheveaux sont rois.
20 novembre 2008
Partir, loin !
Il est des moments où l'on se rêverait ailleurs, dans une contrée magique auréolée de verdure, de douceur et de bienveillance. Cette photo peut y faire penser. Elle a été prise à Dublin cet été, dans le merveilleux jardin de St Stephen Green : un ilôt de fraîcheur, fait de petits ponts, étendues d'eau, bosquets sauvages et massifs fleuris.
En Irlande, on devine une gentillesse bien rare du côté de chez nous (c'est une parisienne aimant Paris et la France qui l'écrit). A peine débarqué de l'avion, vous scrutez votre plan dublinois. Trois minutes ne se sont pas écoulées que votre voisin de bus vous propose son aide. Vous peinez à identifier la composition d'une sauce, au restaurant : le garçon zélé s'empresse de vous apporter un échantillon de la dite sauce, dans un petit récipient. Au musée ? Une gardienne élégante s'intéresse à votre cas, vous aiguille dans le dédale de salles, s'enquiert de votre séjour et de votre origine. Vous salue en vous serrant la main. Pourquoi s'étonner de ces attentions souriantes, visiblement évidentes ? Parce qu'il n'en est pas toujours de même, dans le beau pays de France.
En ce 20 novembre pluvieux, les enseignants de la maternelle à l'université manifestent, car l'éducation souffre d'être trop malmenée (soyons clairs : le CAPES s'apprête à disparaître, les professeurs assureront approximativement deux matières, la formation se faisant sur le tas, les études littéraires seront prochainement saccagées - tout ceci, quand c'est précisément l'absence de subtilité intellectuelle, d'explication claire et limpide, de force des mots et des arguments qui nous poussent chaque jour plus vite dans la tiédeur concédée.)
Le ministre affirme que la grève est "démodée" quand, six mois plus tôt, nous célébrions avec passion et insistance les quarante ans de mai 68.
Les chaînes privées s'apprêtent à recueillir une nouvelle part de ce gros gâteau financier, appelée "baisse des taxes" sur les publicités, quand la même publicité est invitée à disparaître sur les chaînes publiques, par la volonté d'un seul, aux fumeuses priorités.
Devant la boulangerie ce matin, un homme comptait et recomptait dans sa main quelques pièces jaunes, visiblement insuffisantes à lui assurer son pain. Il était noir, plein d'allure, et pieds nus. Ce qui choque les passants.
L'autre jour, victoire d'Obama, mon kiosquier "de couleur" trinquait avec deux clients. Joie simple sur les visages. Plaisir partagé, dans un quartier dit "populaire".
Les motifs de réjouissance sociale sont rares. Il faut s'en emparer avec avidité, s'en délecter, parce que le temps sera long avant d'y goûter à nouveau.
Et dans ces instants de ras-le-bol et de malheur, tout miser sur l'avenir, l'espoir et sur soi-même.
Car les contrées verdoyantes attirent, mais c'est ici que la vie se passe. Droit devant, les yeux ouverts.
14 juillet 2008
Pamplona, Pobre de mi !
Ce 14 juillet est un grand jour. Festif, foudroyant d'inventivité. Non, je ne parle pas de notre Fête Nationale ! Cette année, plus que toute autre, son éclat se trouve terni par certaines invitations plus que douteuses lancées par notre président.
Ce 14 juillet, donc, est le dernier jour des fêtes de la San Fermin qui embrasent chaque année Pampelune ! Du 7 au 14 juillet, cette ville de la Navarre, au Nord de l'Espagne (Pays Basque) rend hommage à Saint Firmin. Pour l'occasion, chacun arbore une tenue immaculée, simplement rehaussée de rouge grâce au foulard (Saint Firmin fut décapité), et à la ceinture. De la grand-mère au petiot, de la ménagère faisant ses courses au jeune type abreuvé de bière, toute la population joue le jeu. Et les visiteurs se font un plaisir de suivre la danse, en enfilant pantalon, foulard et t-shirt sitôt entrés dans la ville.
La fête démarre, donc, le 7 juillet. Jour et nuit, pendant une semaine, ce n'est que liesse, rituels, traditions, et - soyons honnêtes - beuveries. En ceci comme en toute chose, chacun vit la fête à sa manière : avec drôlerie, élégance. Ou vulgarité. Au choix.
Les rues débordent de rouge et blanc. Et de verres, qui brillent au soleil.
Chaque jour, en début d'après-midi, a lieu la traversée des Géants. Les enfants se pressent pour assister au spectacle. La Place del Castillo, la plus grande place de Pamplona, est noire de monde sous un soleil de plomb.
Lors des Fêtes, la journée passe à la vitesse de la lumière. Sans rien faire. Ou si peu ! Marcher, passer d'un bistrot à un autre, grignoter un beignet de crevette, une tranche de jamon, délicieuse, quelques tapas ici et là. Puis voir ailleurs, acheter une ceinture brodée à l'éffigie de San Fermin, lire une bribe de journal local. Et vers 18h, avancer vers les arènes où se tient chaque jour à 18h30, la corrida. Loin de moi l'idée de polémiquer, entre les pro ou anti-taurins. A Pamplona, la corrida est un moment de la fête, auquel on peut assister (à prix d'or), ou pas. Personne ne vous embêtera si vous choisissez de rester deux heures sur un banc, à méditer, pendant que la foule indigne s'exclame devant les toros.
A 21h, les arènes se vident pour grossir encore le flot des promeneurs. La nuit est longue et pour certains, elle n'aura de fin qu'au petit matin, à l'heure où se prépare l'encierro. L'encierro est l'évènement qui ouvre la journée : la course qu'effectuent les toros à travers la ville, pour rejoindre les arènes. Des jeunes gens, des hommes, des fous, suivent cette course éclair (à peine 2 mn) dans la ville en frôlant le danger. Parfois, le danger se réalise et c'est le drame de la cornada, de la blessure, de la chute à deux pas des toros.
Les plus raisonnables observent la course retransmise à la télévison. Quant aux chanceux, ils profitent d'un bout de balcon dans la calle Estafete, qui leur permet de suivre le spectacle d'en haut, sans risque et en toute beauté.
En ce 14 juillet, la Fête dispense ses dernières folies. Ceux qui la vivent depuis le début son épuisés. Ceux qui l'ont vécu furtivement, une journée, savent ce qu'ils manquent à mesure que s'écoule la journée. Ils en sont revenus éblouis, chamboulés par cette vie si différente de la vie. Tout à l'heure, un chant s'élèvera vers l'Eglise San Fermin : Pobre de mi ! Pauvre de moi ! Chaque habitant, chaque visiteur de Pamplona connaîtra la tristesse de la fête achevée. Le regret des réjouissances passées. Cette année qu'il faudra vivre pour, peut-être ? les retrouver. L'an prochain, Pamplona s'illuminera de nouveau. Y serons-nous ?
09 juin 2008
Oh le bel été...
Dans 14 minutes, le match France-Roumanie va démarrer. Je suis une fille, et je biche. Je suis une fille, coquette, rien d'une grande supporter, et je biche. Non non, je ne me suis pas découvert une passion subite pour le foot quand les bleus se sont mis à gagner. J'aime ça depuis petite, quand je portais des robes à volants et que j'aimais les faire "tourner" en virevoltant.
Foot aujourd'hui, tennis hier, cyclisme le mois prochain. Evidemment, le Tour de France n'est plus ce qu'il était. Dopage, maillots jaunes rétrogradés, tout ceci n'est guère reluisant. N'empêche : celle qui dans sa vie a noté, quotidiennement, sur un calendrier "Télé Star", le nom des vainqueurs d'étapes ne peut se défaire si rapidement de cette magie estivale. L'arrivée dans l'Alpe d'Huez continue de m'impressionner. Après, y croire ou pas...Là n'est pas ma question.
J'aime le sport pour l'élan qu'il suscite. La joie de regarder, d'espérer, parfois de gagner. Le plaisir de se réjouir. Seule condition pour être heureux ? Se prendre au jeu. Choisir son cheval, son chouchou, son équipe. Puis le suivre pas à pas et ne pas lâcher l'écran. Moi qui aime tellement lire, je retrouve dans le sport ce plaisir de s'absenter à soi-même. Concentrer son énergie sur un ailleurs : court de tennis, terrain de foot ou bassin chloré. Parce que je ne fais pas les choses à moitié, tant qu'à faire. Donc, j'aime tous les sports. Ceux de filles (patinages, GRS), ceux, bien virils, qui ne me vont pas du tout (rugby, judo) ou encore ceux, plus rares, que l'on ne voit qu'aux JO (bi-athlon, ski, boblseigh, équitation).
Parfois, la surprise de mes interlocuteurs m'amuse. Toi, tu aimes ça ?!
Et oui. D'ailleurs, je file, ça commence. Allez les bleus !
04 juin 2008
Sophie Calle, ça fait mal
Sophie Calle est une figure incontournable de la scène artistique française de ces dernières années. Photographe, plasticienne, vidéaste et écrivain, on la retrouve toujours différente, ailleurs. Mais finalement, toujours, fatalement, très cohérente.
La cohérence ? Le choix d'une bizarrerie, d'une intrusion, d'une impudeur appliquée à soi-même ou aux autres. Chaque exposition de Sophie Calle est un petit phénomène : fenêtre ouvetre sur les intimités, bas les masques et fonce dans le tas. On aime. Ou pas.
En 2003, Beaubourg lui a consacré une vaste rétrospective. Nature curieuse, je vais voir. Stupeur. Plusieurs de ses travaux sont présentés. En vrac ? Un lit, dans lequel vont se succéder plusieurs jours durant, des individus hommes et femmes. Chacun y passe quelques heures, somnole, ou dort profondément. Au chevet, Sophie Calle photographie. Draps froissés, corps innocents du sommeil. Pourquoi ? Pourquoi pas. Autre idée : Sophie Calle embauche un détective privé et se fait suivre lors de ses journées. Marches dans la rue, arrêt au cimetière, Sophie Calle joue à se faire avoir. Histoire de vivre ce qu'elle ne rechigne pas à imposer aux autres ?
Il y a de nombreuses années, l'une de ses idées consista à feuilleter les pages d'un carnet d'adresses trouvé (?), subtilisé (?), puis à contacter les personnes y figurant afin qu'elles lui parlent du propriétaire. Il y a de la gêne dans l'air, on dit que le propriétaire en aurait vivement souffert.
Pour sa dernière exposition, Sophie Calle opère une plongée dans la douleur amoureuse. Un homme lui adresse une lettre de rupture :
" Je n’ai pas su répondre. C’était comme s’il ne m’était pas destiné. Il se terminait par ces mots : Prenez soin de vous. J’ai pris cette recommandation au pied de la lettre. J’ai demandé à cent sept femmes – dont une à plumes et deux en bois –, choisies pour leur métier, leur talent, d’interpréter la lettre sous un angle professionnel. L’analyser, la commenter, la jouer, la danser, la chanter. La disséquer, l’épuiser. Comprendre pour moi. Parler à ma place. Une façon de prendre le temps de rompre. A mon rythme. Prendre soin de moi."
Soit. Comme souvent, le projet charme par son originalité. Mais qu'en est-il, dans la vraie vie ? En vrai, on se rend à la Bibliothèque Nationale, rue de Richelieu à Paris. Superbe édifice, douce empreinte des savoirs et manuscrits encore réunis dans les lieux. Quelque part dans les bâtiments, les écritures de Proust, Flaubert ou Montaigne sont nichées bien à l'abri.
La salle d'étude, aujourd'hui fermée aux étudiants et chercheurs, accueille l'exposition. Les étagères de livres ont été vidées mais la magie opère : enfilades de bureaux en bois vernis, lampes individuelles, hauteur de plafond à toucher les étoiles.
Dans ce lieu de paix, le vacarme. Pas exactement du bruit, du brouhaha. Incessant. En face de l'entrée, un écran projette l'image d'une femme interprétant la lettre de rupture en langage des signes. Sur les petits bureaux, des écrans plats ont été placés : sur chacun, une femme exprime sa version de la lettre en lisant, chantant, criant, dansant. Ici, Arielle Dombasle s'énerve, là-bas, Nathalie Dessay mime un baiser à la caméra, plus loins une voyante tire les cartes pour y voir plus clair, une pianiste adapte en notes les mots de l'homme indélicat. De toutes parts, des visages, des mondes, des moyens, des sensibilités, des voix. Les voix mêlées sont discordantes, assourdissantes, fatigantes. On peine à se concentrer, un flot d'inquiétude n'est pas loin de monter. L'homme l'a quittée, l'a fait souffrir. Que reste-t-il de cette souffrance ? Un bruit et du malaise. Comme s'il nous fallait porter, nous aussi, cette histoire qui n'est pas la nôtre.
Si vous êtes curieux de voir cette exposition, sachez qu'elle dure jusqu'au 15 juin 2008. Vous pouvez aussi profiter de votre passage à la Bibliothèque Nationale pour découvrir les irrésistibles caricatures de Daumier, qui sont également exposées actuellement.
Si cela ne vous dit rien, le quartier Richelieu vaut tout de même le détour : galeries couvertes, libraires anciens, salons de thé raffinés sous les lambris et à deux pas, la fameuse cave Legrand dans laquelle vous trouverez des trésors de vins et gourmandises à déguster toute l'année ! Il y a même un espace de dégustation-restauration, avec des plats ultra-soignés. Un bonheur !
25 mai 2008
Houhouuuuu !
Y'a-t-il un pilote dans l'avion ? Ou à défaut, une blogueuse dans le blog ?
Contre toute attente, oui !
Ces dernières semaines ont été riches en évènements divers et variés, qui m'ont - les fripons - tenue loin de mon antre virtuelle.
En vrac ? Le lancement d'un magazine dans lequel je suis impliquée à quasi plein temps, quasi 7/7 depuis quelques mois, la préparation tumultueuse du N°2, une crise informatique soldée par l'achat (aïe) d'un ordinateur joli comme un coeur, une mission d'attachée de presse "Culture", histoire de ne vraiment vraiment vraiment pas s'ennuyer... Bref, la vie dans sa splendeur.
Et puis, ici et là :
- des lectures absolument divines (La découverte de Jane Austen. A 27 ans. Moi qui étais idéalement tricotée pour l'aimer, dès mes 12 ans, que dis-je ? Ma naissance...)
- des concerts (Avec en prime la découverte du "Duc des Lombards", nouvelle génération. Ce club (jazz) est un miracle de grâce. Et l'on y mange comme des princes.)
- une escapade idyllique à Berlin (qui est huit fois plus grand que Paris, qui l'eût cru ?)
Je reviendrai sur tout ceci très bientôt.
Bon dimanche !
05 avril 2008
Kafka sur le rivage
Lire un roman de Murakami, c'est accepter de se laisser conduire dans un monde qui ressemble au nôtre et s'en distingue furieusement. C'est admettre que les chats puissent parler aux humains, que des poissons tombent du ciel en averse, que la vie se poursuive, un peu, à peine, bizarrement, ailleurs. Chez Murakami, tout ceci arrive. Ou peut arriver. Car il ne s'agit pas de fiction fantastique - ce serait trop simple - mais de ces légers dérapages du réel, si fortement reliés à nos imaginaires que l'on admet d'emblée leur surgissement au fil des pages. Le plausible n'est pas, en l'occurrence, la question.
Kafka sur le rivage, c'est l'étrangeté d'un titre et la bizarrerie d'une couverture. J'ai mis quelques mois avant de m'y plonger, car je savais que l'envie de lire viendrait, en son heure. Retrouver Murakami, c'est comme se glisser dans un fauteuil bien-aimé. On y est bien, on savoure ses repères, on lui renouvelle son attachement, tout en aimant parfois prendre le large et se dégourdir les jambes en d'autres contrées. Le début de ma lecture fut donc auréolée par la joie des retrouvailles. Mais si les repères existent, la différence s'impose toujours. Le suspense est l'une des forces majeures de cet auteur. Trois lignes, trois pages et hop ! Touché, captivé.
La trame de ce roman est basée sur la fugue d'un jeune garçon de quinze ans, Kafka Tamura, qui décide de partir afin de déjouer la prédiction pesant sur lui. Ailleurs, un homme d'une soixantaine d'années, simple d'esprit mais expert dans l'art de converser avec les chats, va se trouver à son tour poussé dans un périple dont il ignore l'exacte signification. Ces deux parcours se croisent, s'éclairent, s'expliquent en regard l'un de l'autre, dans une narration impeccable d'équité. Pour aller vite, on peut parler de parcours initiatiques. Il y est question d'Amour, de connaissance de soi, de destin, d'accomplissement et d'apprentissage. Jeunesse et vieillesse, vie et mort. L'excercice était périlleux, par bonheur, il est réussi !
Au-delà des magies surnaturelles se faufilant ici et là, je suis une fois encore sidérée par la capacité à dire le quotidien. Préparer un repas, voyager en voiture, se laver les dents : rien de bien extravagant. Et pourtant, si. L'étonnement se réinvente à chaque mouvement opéré par les personnages. Une grâce ? Un savoir ? Peut-être, juste, la littérature.
Si vous êtes tentés, Kafka sur le rivage est disponible en poche, chez 10/18.
Bon week-end !
22 mars 2008
Le 22 mars 1968
Le 22 mars 68 est considéré comme l'origine du fameux mois de mai. A l'université de Nanterre, près de 150 étudiants ont décidé d'occuper la tour centrale administrative de leur fac. Un symbole fort, qui marque une opposition inédite à une époque marquée par sa rigidité. Parmi ces jeunes gens, Daniel Cohn-Bendit s'impose rapidement comme leader. Leur motivation ? La libre circulation des étudiants dans la résidence universitaire. Traduction moderne : que les filles et garçons puissent se voir librement, dans leurs chambres. Vue d'aujourd'hui, cette exigence paraît bien naturelle. A l'époque, elle déménageait carrément. Comment ? Les jeunes gens auraient une vie amoureuse avant le mariage ? Des envies d'intimité ? Misère !
En mars 68, une piscine vient d'être aménagée dans le campus. Le ministre de la jeunesse et des sports est invité à l'inaugurer. En réponse aux réclamations des étudiants, François Misoffe, ministre, eut une réaction formidable : "Si vous avez des problèmes sexuels, allez-vous tremper dans l’eau froide". Bien vu, monsieur le ministre !
La suite ? Un embrasement, une cause largement adoptée, un ras-le-bol généralisé. Grèves, manifs, revendications. Et tout cela avait commencé en mars, parce que la jeunesse rêvait d'amour et de printemps.*
*Bien sûr, pas seulement. Mais aussi.




















Nuage de filles