Cultures et confiture

La culture sous toutes ses formes, un brin d'actu et un peu de pep's ! **********************************************************************

21 juin 2009

Beaubourg, mon amour

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  Les expositions mises en place à Beaubourg ne ressemblent à aucune autre. Il y a tout d'abord cette esplanade géante, vilaine ou joyeuse selon les jours et les atroupements (les saltimbanques aident pas mal à faire passer la pilule). Puis le hall bariolé de tuyaux que l'on remarque à peine, tant l'espace est imposant. A la limite du majestueux ? N'exagérons pas. Mais dans l'impression, à mi-chemin de la salle des pas perdus et de l'antichambre de la NASA, il y a quelque chose qui capte le regard.


  Le visiteur-promeneur peut se contenter de cet aperçu : faire un tour à la librairie du rez-de-chaussée, pourquoi pas à l'espace "Printemps design" qui s'offre sur la mezzanine. Ou bien encore grimper au sixième (le panorama vaut le détour) pour boire un verre sur la terrasse, très classieuse - chaque table dispose d'un micro soliflore arborant une rose rouge, quoi de mieux ?

  L'expérience des lieux est bien différente pour le visiteur-amateur d'art. Il serait vulgaire de préciser que le hall semble nettement moins élégant lorsque vous y poireautez 30 minutes en avançant, façon escargot, au fil d'un sinueux parcours. Oublions ce malentendu ! L'art attire les foules, l'art motive les masses le samedi après-midi, c'est beau, c'est bien, c'est le signe d'un pays épanoui.
  On ne va pas non plus commencer à ricaner sur ce malheureux qui, au moment d'arriver à la caisse (instant béni, rêvé, ardemment souhaité), demande à son fiston (6 ans, l'air éveillé mais quand même) :
"Mince, j'ai oublié le nom de l'expo qu'on va voir. C'est quoi le type, son nom de famille ? Tu saurais m'aider ?". A cet instant, non seulement le petit perd à tout jamais confiance en son paternel - saura-t-il convoquer ce souvenir, plus tard, quand il sera en analyse ? - mais nous, visiteurs potentiels en attente de billets, on se marre. Bref. On est tous là pour la même chose, mais pas franchement de la même manière.

  Après avoir emprunté l'escalator le plus agréable de Paris (séparé des Invalides, du Panthéon, de la Tour Eiffel au loin par une simple paroie de verre) nous voici enfin rendus au but de notre balade. Beaubourg propose généralement trois à quatre expositions concomittentes, lesquelles ne sont pas nécessairement cloisonnées. Il est donc possible - pas toujours - de circuler entre les salles, de jeter un oeil à l'expo d'à côté, histoire de vérifier que l'on a bien fait de choisir la sienne. (J'ose espérer que tous les visiteurs ne sont pas si mesquins.)
  Le volume du lieu est tel que les oeuvres peuvent s'étendre à loisir sur une dizaine de salles. La visite relève alors autant de la découverte artistique que du marathon physique. Dans le meilleur des mondes possibles il faudrait "
Aller au musée comme à un rendez-vous d'amour". C'est à dire songer à une toile, une sculpture, se donner pour projet d'aller à sa rencontre. La contempler. Fort. En détails, tant qu'on le peut. Puis repartir, sans regard ni regret pour les autres pièces du musée - leur tour d'amour viendra. Ou peut-être pas. Comme en amour, le manque de ce que l'on ignore n'est pas une blessure, tout juste un brin de naïveté en plus.

  Voir une expo à Beaubourg, c'est aussi s'insérer dans un univers à part. On connaît la grandeur du Louvre, la grâce nouvelle du bien nommé Grand Palais. Mais Beaubourg ne ressemble à aucun autre édifice parisien. C'est bien, d'ailleurs, ce que certains lui reprochent. Moi aussi, à certains moments, sous certains angles particulièrement peu flatteurs (Attendez le bus 75 direction "Pont Neuf" à l'arrêt "Centre Pompidou", vous verrez ce que je veux dire.)

  Musée à la scénographie lookée, hideuse usine, paquebot flamboyant, hall de gare bizarre...
Un peu tout à la fois. Sans doute faut-il le recul des années, de l'habitude et des souvenirs pour l'adopter. Et encore. Est-on bien sûr de s'y faire un jour ? Non. C'est la raison pour laquelle on y retourne.

Actuellement :

* Alexander Calder, les années parisiennes 1926-1933. Jusqu'au 20 juillet. Une perle à ne pas manquer ! J'en parlerai.
* Kandinsky. Jusqu'au 10 août 2009
* Philippe Parreno. Jusqu'au 7 septembre 2009.

Renseignements sur www.centrepompidou.fr

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17 décembre 2008

Battuta, une fête pour les Fêtes !

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Dans notre société folle, un homme étrange existe. On ne sait pas grand'chose de lui, si ce n'est qu'il atteint des miracles avec les chevaux. Il fait mieux que les dresser, les dompter, les faire parler : il les fait danser. Tout bêtement.
Bartabas est un magicien du galop et du bonheur sur piste. Son dernier spectacle,
Battuta, suscite une avalanche d'enthousiasme depuis maintenant trois ans. Au théâtre Zingaro, à trois pas du métro, Porte d'Aubervilliers, vous pouvez encore découvrir le spectacle jusqu'au 31 décembre 2008

Voir Battuta, c'est goûter un peu de cette joie d'enfance, extasiée, toute simple et pourtant difficile à retrouver, en cet âge que l'on dit "adulte". La grandeur nous rend nigauds : on fait des mines, on exige. On songe au prix de sa place (l'adulte peut être mesquin), on cogite sur les mises en scène, fine bouche ici, dédain par là. Parfois on s'amuse, évidemment ! certains savent le faire mieux que d'autres, c'est évident.
Mais la liberté de joie donnée par
Battuta est assez rare pour la signaler, très fort. Pour preuve, les publics qui  se marrent, sourient, s'étonnent, 1h15 non-stop. Tout le monde est conquis : des bobos d'Avignon, aux bourgeoises en fourrure, des gamins de cinq ans aux parents. Un régal, vivement recommandé pour finir l'année en beauté !

Battuta, jusqu'au 31 décembre à 20h30.
Théâtre Zingaro
176, avenue Jean-Jaurès 93300
AUBERVILLIERS
M° : Fort d'Aubervilliers (ligne 7)

Les réservations se passent par .

Pour ceux qui n'auront pas la chance d'applaudir ce spectacle, un DVD est disponible.

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20 euros

            

Pour ce spectacle, Bartabas a choisi de nous étourdir de vitesse et de galop. Les acrobates gesticulent, jouent du violon, jettent et rattrapent leurs chapeaux sans jamais quitter le rythme infernal des chevaux, lancés à tout-va, trop heureux de se dégourdir les muscles sous les lumières. On passe d'un mariage à un autre, d'une cavalcade à un macchabée. Le tout, délicieusement fagoté de dentelles et vestons noirs. Les musiciens, à cordes et à vent, en remettent une couche sur la vitesse. On vibre tzigane, tout du long.
On ressort amoureux de Zingaro, ce théâtre de bois où les cheveaux sont rois.

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06 mars 2008

Rêvons...

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Comme de très, très nombreuses petites filles, j'ai goûté aux plaisirs de la danse classique. Chaque mercredi après-midi, justaucorps et ballerines, en piste pour l'échauffement à la barre puis zou ! toutes devant le miroir pour de vraies - quoique modestes - chorégraphies. Je me souviens très précisément de la professeur de danse, qui nous apprenait l'enchaînement des pas en les figurant avec ses mains. De jolis gestes nets et précis, les doigts serrés les uns contre les autres, la main arrondie. "Un, deux, trois, quatre, cinq, six, sept et huit... et on reprend !"

Un jour, après deux, trois années d'entrechats et grands écarts, j'ai pu prétendre au plaisir suprême, le rêve de toutes les petites danseuses du mercredi : les pointes. Les vraies, avec rubans noués autour de la cheville, et cette pointe solide, si mystérieuse, qui autorise les virevoltes. Danser avec des pointes, c'est savoir que l'on aura mal, au début (la professeur nous l'avait dit). C'est se protéger avec de fins bandages, avant de les enfiler. C'est faire les gestes, suivre la tradition. C'est ressembler, un instant, tout petit, aux danseuses mythiques, ces Etoiles.

Avec mes parents, je me suis donc rendue dans l'une des boutiques Repetto. Devant moi, un temple. De larges murs tapissés de casiers en bois, dans lesquels des paires de ballerines, chaussons et pointes étaient agencés. Des chaussons noirs, souples, des ballerines roses, pour les plus novices, et les fameuses, splendides pointes déclinées en multiples couleurs. Il y a des jeunes femmes, tellement minces, qui observent avec l'assurance de l'habitude. Des curieux, aussi. Et des jeunes filles, des enfants, comme moi. Il s'agissait de trouver la bonne pointure, le bon modèle qui me tiendrait correctement au pied sans trop le brimer. La chose fut faite ! Je me souviens encore de la douceur, tellement à part, du satin rosée.

Il y a bien longtemps que j'ai arrêté la danse classique. Mais Repetto reste un rêve, plein et entier. Lorsqu'il m'arrive de passer devant la boutique, à deux pas de l'Opéra, je repense toujours à cette joie d'avoir, moi aussi, choisi des chaussons de danse. Pas de jolies ballerines pour la ville, comme on les aime aujourd'hui ! De vrais chaussons pour danser, sur la pointe des pieds.

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01 mars 2008

Nos amis les bêtes

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Si l'on excepte les emportements présidentiels, le salon de l'agriculture est un lieu très civilisé. Le parisien frétille devant les bottes de foin ("ça sent bon, hein ?"), le bon père instruit son bambin ("oui mon chéri, la truie donne à manger à ses petits"), lequel enfant ne sait où jeter les yeux, veut tout savoir, toucher et goûter.

Bref, c'est un salon à part.

Pour le prix d'une entrée, la porte de Versailles nous rappelle aux plaisirs gandeur nature : les beaux yeux d'une vache, la respiration d'un mouton, cette nuance, rose tendre, si émouvante chez le cochon dormeur. (Car je vous mets au défi de trouver une chose plus attendrissante qu'un porc ensommeillé) (Cette phrase est étrange ? Oui, mais elle est vraie !).

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Parmi ces bêtes si dociles, apprêtées et bichonnées, on pourrait un instant se représenter le bonheur de Marie-Antoinette, dans sa bergerie versaillaise...

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Les animaux présents lors du Salon de l'Agriculture sont des stars, qui fréquentent régulièrement les foires et salons qui ont lieu en région. Ils participent aux concours, se voient, parfois, auréolés par la gloire d'une médaille. (Comme en témoigne le joli ruban tricolore que porte cette vache laitière.)

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Habitués à voyager, ils sont aussi rompus aux mimiques et caresses humaines. Quelle patience !

Le salon de l'agriculture, c'est aussi le paradis de la dégustation : fromages de chèvre frais, cidre, vin, jambons parfumés... La nature que l'on aime, c'est aussi celle-ci. Les saveurs qui se mêlent et s'imposent tour à tour. Si bien que l'on quitte à regret cette ferme étrange, trop immense pour être vraie, et pourtant attachante. Serait-ce le spleen de la parisienne ? Peut-être. Bientôt viendra le Salon du livre : adieu enclos et bottes de foin ! Mais leurs parfums résisteront, un temps. Si bien que les promeneurs du salon nouveau éprouveront cette agréable sensation que procure la lecture en plein air, dans un champ, pas très loin de la ferme. Rêvons un peu.

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*Pour les intéressé(e)s, le Salon de l'Agriculture est encore ouvert toute la journée du dimanche 2 mars, de 9h à 19h.
Entrée adultes : 12€
Enfants de 6 à 12 ans : 6€
Gratuit pour les moins de 6 ans.
http://www.salon-agriculture.com

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23 février 2008

Shakespeare & Co

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Shakespeare & Co ? Attention, librairie culte ! Cette enseigne jaune moutarde est un haut lieu de la culture parisienne. Sans en avoir l'air, ce qui est l'assurance de son charme.

Tout commence dehors, devant les rayonnages et bacs de livres qui invitent le promeneur à s'arrêter. Les couvertures sont jaunies, les titres sagement classés par ordre alphabétique. On découvre le plaisir de fouiller dans une littérature 100% anglophone, entre Auster, Shakespeare, Miller et Arthur Golden. Aussi, beaucoup de traductions anglaises : Murakami, Duras, Becket ou Brecht. Petit voyage exotique, qui ne serait pas si marquant si la librairie n'était pas tout imprégnée de la magie d'un homme, George Whitman.

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Ce bibliophile né dans le Massachusetts nous raconte son histoire sur quatre ardoises, juxtaposées et fixées, juste à côté de l'entrée. Une profession de foi, le secret d'une vie dédiée aux livres, un être à part, qui se sent proche de "l'Idiot" de Dostoïevsi, recherche l'amour comme on aime une héroïne de roman, et s'investit de tout son coeur dans cette librairie au passé richissime. Autrefois monastère, la librairie Shakespeare & co est une bulle de grâce, de bizarrerie, de convivialité, de culture aimable et aimée. L'entrée est atypique, avec ses monceaux de livres, le lecteur CD qui diffuse des chansons parisiennes d'autrefois et ce petit puit, qui regorge de piécettes déposées par les supersticieux. Dans la pièce à droite, un lit, recouvert d'albums et livres de grande taille. Plus loin encore, un piano.

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A l'étage, il est indiqué que les livres ne sont pas à vendre mais que l'on peut, en toute liberté, les consulter sur place. Pas de paroles en l'air, dans l'antre de Shakespeare ! Des jeunes gens, souvent américains ou britanniques, déambulent, à l'aise comme à la maison : s'installent derrière le bureau heureusement situé près d'une fenêtre découvrant la Seine, prennent deux livres, examinent, papotent. Les visiteurs et touristes peuvent en faire autant. Ici, chacun vit à sa guise. Tu veux jouer du piano ? Vas-y ! Passer trois heures à bouquiner, dessiner, admirer ? You're wellcome !

Sh_CoLit

A 91 ans, George Whitman a pris sa retraite. Je me souviens de lui, lorsqu'il y a quinze ans peut-être, j'ai découvert sa précieuse librairie avec mes parents. Il aspirait avec agilité de somptueux spaghetti, dans une assiette qu'il tenait à bout de mains. Surprenant. Je fus conquise à l'instant. Aujourd'hui, une petite équipe jeune et fringante a pris la relève. La magie demeure.

A ce point d'intensité, qui oserait la menacer ?

Shakespeare & Co
37, rue de la Bûcherie
75005 Paris
M° Saint-Michel

Ouvert de 10h à 23h.

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02 février 2008

Un simple détail

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Vous reconnaissez ce petit lapin ? Dans leur rythme effréné, les parisiens n'y font plus guère attention. Il faut surprendre l'étonnement chez les touristes, en particulier les enfants, pour que se pose à nouveau la question que tous, parisiens ou voyageurs de passage, nous nous sommes posée un jour :

Que fout ce lapin dans le métro ?

Et si l'on veut pousser le raisonnement : pourquoi un lapin capable de prendre la ligne 11 jusqu'à Châtelet, serait-il assez nigaud pour se coller les doigts entre deux portes ?

J'imagine d'ici le brainstorming à la ratp, dans les années 80 (cette image n'est pas toute jeune).

Une tablée de communicants innovants, chargée de trancher la fatidique question de l'affichette de sécurité. D'abord, choisir une image sympathique. Mais pédagogique. Et claire. Que tout le monde puisse comprendre sans se fouler un neurone. Y compris les enfants. Surtout les enfants. Qui dit enfants, dit petites niaiseries, coloriages, dessins animés... Stop les gars, on a pas les moyens ! Ok. Restons sur le dessin. Dessin, dessin, Walt Disney... Il fait quoi Disney ? Il dessine des renards, des biches et des cockers... Faut trouver un truc. Un chien ? Trop sale. Un cheval ? Trop grand. Un chat ? Trop futé pour se coller les pattes là où il faut pas. Un lapin ? Pas mal. C'est rassurant, pas connotée. Allez, zou ! On part sur le lapin !

Voilà. C'est comme ça que tout a commencé. Vous aussi, vous êtes déçus ?

P. S : Mais au fait, qui a choisi d'habiller cette bestiole en jaune ?

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20 novembre 2007

Jour de manifestations

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18 août 2007

Poupées de fil, poupées de fer

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Beaubourg est, décidément, une mine. Un dimanche à Paris, ciel variable, entre deux eaux. On se balade sans grande conviction. Et puis un détail accroche. Sur l'esplanade, un homme est en train de bâtir une petite cité étrange. Elle est faite d'une grenouille, une contrebasse, un cheval, une araignée, un canard sauvage. Aussi, deux visages face à face, un peu plus grands, tout aussi finement goupillés. Le secret de ces bricoles qui n'en sont pas ? Elle sont en fer. Un fil de fer, tout simple et pas très souple, que l'homme-artiste a su triturer dans ses main jusqu'à le rendre dansant. Un seul et unique fil de fer tordu en un labyrinthe sensé, qui aboutit à ce délicat petit avion qu'un enfant observe avec appétit.

Des gens s'arrêtent, deux femmes engagent la conversation. Entre deux jongleurs et quarante-deux touristes, une petite bulle s'est créée autour du tapis noir. Il pleuvote un peu, soudain, personne ne s'en soucie. On papote, jauge, marchande et admire. Sous une petite pluie fine, j'ai pris l'avion. Tout fin, impeccablement équipé. C'est une trouvaille de dimanche après-midi. Une trouvaille de Beaubourg.

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18 mars 2007

Le cinéma fleurit à petit prix !

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Quand le cinéma se met en quatre pour faire la fête, le printemps nous guette ! Pour la huitième année consécutive, du dimanche 18 au mardi 20 mars, vous aurez le bonheur de voir un film à 3,50 euros, à toutes les séances, dans tous les cinémas partenaires de l'opération - et ils sont nombreux.

Trois jours de films à un prix raisonnable, pour découvrir les toutes dernières nouveautés (au hasard, Angel, Le Come back ou Par effraction), mais aussi les petites merveilles passées qui se visionnent dans les cinés indépendants.
Parce que la curiosité du cinéma, ce peut être aussi la joie de voir une perle rare, couronnée par les années, bien calé sous le plafond étoilé du Champo (5e). Ou dans les majestueuses salles, façon théâtre baroque, de la Pagode (7e) et de l'Arlequin (6e).

Le cinéma a plus d'un visage. Rien de mieux que l'arrivée du printemps pour s'en assurer !

Petite sélection subjective et (nécessairement) judicieuse :


* Le Champo, 51, rue des Ecoles, 5e.
   Métros : St Michel, Cluny, Odéon

  (rétrospective Lynch, notamment)

* La Pagode, 57, rue de Babylone, 7e.
   Métro : St-François-Xavier
   
(Son petit jardin à la japonaise, à deux pas des Invalides : un trésor caché de Paris)

* L'Arlequin, 76, rue de Rennes, 6e.
   Métro : St Sulpice.
 
(On peut encore y voir
Esquisses de Franck Gehry, le documentaire réalisé par Syndney Pollack.)

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20 février 2007

La plus belle librairie de Paris, vous la connaissez ?

Bouquinistes

Elle est à ciel ouvert, ouverte aux rumeurs des voitures, des gens, des passants.
On y passe des heures ou trois secondes, on peut aussi l'ignorer.
A la nuit tombée, elle est insoupçonnable.
Elle permet de se rêver touriste à Paris. La Seine, grise mais toujours brillante, les ponts, les pierres au loin que l'on couve du regard (La Conciergerie, les riches demeures de l'Île-Saint-Louis).
Tout près, la furie des commerces, des jupettes et talons aiguilles. Ou bien, un thé brûlant face à l'Eglise Saint Gervais.

Le choix qu'elle propose est infini : livres de Poche en tour de Pise, beaux ouvrages très chics, revues sixties, vaguement porno, stars d'autrefois, bouches ourlées de rouge éclat. CinéMonde, Match, Point de vue... Des cartes postales, aussi. Les plus appétissantes sont les Chocolat Meunier, vous les voyez ?

Le prix de ce petit monde ? Bien plus abordable que la Fnac, nettement plus charmant que Virgin. Vous pouvez dénicher "Les particules élémentaires", "Pot-Bouille" ou "Jane Eyre", à 3 euros. Vous n'achetez pas ce que vous cherchez, vous trouvez ce que vous ne cherchiez pas. Ce qui est bien plus excitant.

Dans un Paris qui n'en finit plus de se pomponner de bitume, les bouquinistes sont un espace d'apaisante immobilité. On les retrouve avec certitude, sans craindre les changements de propriétaires. Ils sont là, les uns ou les autres. A nous de voir, d'être libres et assez disponibles pour fouiner un moment.

C'est aussi ce luxe, Paris.

Posté par GinaFizz à 18:44 - Vie en Ville - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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